La cognition incarnée

“La cognition incarnée ou quand la pensée vient du corps” fait référence à une théorie importante en psychologie et en sciences cognitives connue sous le nom de “cognition incarnée” (embodied cognition). Cette théorie suggère que nos processus mentaux sont profondément enracinés dans les interactions de notre corps avec son environnement.

Traditionnellement, la cognition était souvent vue comme un processus se déroulant uniquement dans le cerveau, de manière isolée du reste du corps et de l’environnement extérieur. Cependant, la théorie de la cognition incarnée propose une perspective différente :

  1. Interaction Corps-Esprit : Elle met l’accent sur le fait que notre esprit (y compris nos pensées, notre mémoire et notre perception) est influencé et façonné par les interactions de notre corps avec son environnement. Par exemple, la manière dont nous percevons le monde est influencée par notre capacité à agir dans cet environnement (comme la perception des distances en fonction de notre capacité à les parcourir).
  2. Dépendance Contextuelle : Elle suggère que notre compréhension et notre interaction avec le monde sont contextuellement dépendantes de notre corps et de ses capacités. Par exemple, la façon dont une personne en fauteuil roulant perçoit et interagit avec son environnement diffère de celle d’une personne qui marche.
  3. Influence Sensori-Motrice : Nos systèmes sensori-moteurs jouent un rôle clé dans la cognition. Par exemple, des études ont montré que le simple fait de tenir quelque chose de chaud ou de froid peut influencer nos jugements et nos décisions.
  4. Apprentissage et Développement : La théorie propose également que notre compréhension du monde se développe à travers des interactions physiques, en particulier dans l’enfance. Les enfants apprennent et comprennent le monde en grande partie par le biais de l’exploration physique et de la manipulation d’objets.

En résumé, cette affirmation souligne l’importance de considérer le corps non pas comme un véhicule passif pour le cerveau, mais comme un participant actif dans le processus de pensée et de cognition. Cette approche a conduit à de nouvelles recherches et applications en psychologie, en éducation, en intelligence artificielle, et dans d’autres domaines.


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